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Guerre en Ukraine : la Russie dénonce "l'implication directe" de l'Occident, après les fuites d'une conversation de l'armée allemande
information fournie par Boursorama avec Media Services 04/03/2024 à 13:11

Vladimir Poutine, à Moscou le 29 mars 2023. ( SPUTNIK / GAVRIIL GRIGOROV )

Vladimir Poutine, à Moscou le 29 mars 2023. ( SPUTNIK / GAVRIIL GRIGOROV )

La diffusion de l'enregistrement audio d'une visioconférence récente entre officiers allemands de haut rang a provoqué une crise entre la Russie et l'Allemagne.

Le torchon brûle entre Berlin et Moscou, après la diffusion d'échanges embarrassants pour l'Allemagne sur les réseaux sociaux. Ce lundi 4 mars, la Russie a dénoncé "l'implication directe" de l'Occident en Ukraine et convoqué l'ambassadeur allemand.

La diffusion vendredi de l'enregistrement audio d'une visioconférence récente entre officiers allemands de haut rang, évoquant en particulier la possible livraison de missiles à l'Ukraine, a provoqué une crise entre les deux pays, et un choc à Berlin. Ces échanges, dont l'authenticité a été confirmée par Berlin, montrent "une fois de plus l'implication directe de l'Occident collectif dans le conflit en Ukraine", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Berlin refuse officiellement de livrer des missiles Taurus à Kiev

Dans cette conversation, les participants parlent notamment de l'hypothèse de fournir à Kiev des missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, de ce qui serait nécessaire aux forces ukrainiennes pour les utiliser et de leur impact éventuel. Son contenu est très embarrassant pour l'Allemagne, car Berlin refuse officiellement de livrer des missiles Taurus à Kiev, en arguant d'un risque d'escalade du conflit.

Les participants évoquent aussi l'hypothèse de frappes contre le pont de Crimée reliant la péninsule annexée par Moscou en 2014 et le territoire russe, l'un d'eux soulignant qu'il faudrait entre 10 et 20 missiles pour en venir à bout. "L'enregistrement lui-même témoigne qu'au sein de la Bundeswehr (l'armée allemande, NDLR), on discute de manière détaillée et concrète de projets d'effectuer des frappes contre le territoire russe", a déploré lundi Dmitri Peskov.

Les déclarations du porte-parole du Kremlin sont intervenues alors que l'ambassadeur d'Allemagne à Moscou, Alexander Graf Lambsdorff, a été convoqué ce lundi matin au ministère russe des Affaires étrangères. L'ambassadeur a quitté le ministère sans faire de commentaires, après y avoir passé un peu plus d'une heure, selon les agences de presse russes. Berlin a démenti que son ambassadeur ait été convoqué, un porte-parole de la diplomatie allemande affirmant qu'il avait ce rendez-vous "prévu de longue date au ministère russe des Affaires étrangères".

"C'est très mauvais", déplore le Kremlin

Dès samedi, Berlin a confirmé que l'enregistrement était authentique et qu'il avait été "intercepté". Le chancelier allemand Olaf Scholz a promis une enquête "très approfondie" et "très rapide" sur la publication de ces informations. "J'espère que nous pourrons apprendre d'une manière ou d'une autre (...) à quoi cette enquête a abouti", a commenté ce lundi Dimitri Peskov. "Il faut établir bien évidemment si la Bundeswehr le fait de sa propre initiative. Et alors la question est de savoir à quel point la Bundeswehr est contrôlable et à quel point Olaf Scholz contrôle tout cela, ou bien si cela fait partie d'une politique de l’État allemand", a-t-il indiqué. "Dans les deux cas, c'est très mauvais", a conclu le porte-parole du Kremlin.

Pour sa part, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a accusé dimanche le président russe Vladimir Poutine de chercher à "déstabiliser" l'Allemagne avec l'espionnage d'échanges militaires confidentiels sur l'Ukraine.Cela "fait partie d'une guerre de l'information que Poutine mène", a-t-il affirmé, "il s'agit clairement de saper notre unité (...), de semer la division politique sur le plan intérieur et j'espère sincèrement que Poutine n'y parviendra pas".

Selon le magazine Der Spiegel, la visioconférence a eu lieu via la plateforme publique WebEx et non un réseau interne ultra-sécurisé de la Luftwaffe (l'armée de l'air, NDLR). Et l'un des officiers se trouvait dans un hôtel de Singapour, dont la chambre pourrait avoir été piégée avec des micros, affirment certains médias. Le contre-espionnage militaire allemand devra déterminer si "la bonne plateforme a été choisie" pour la conversation, a reconnu Boris Pistorius.

40 commentaires

  • 05 mars 11:48

    On aurait du plutôt soutenir l’Arménie face à nos vrais ennemis.


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